MAP - Publié le Mercredi 16 Septembre 2020 à 12:43

Bulletin écologique du Maghreb du 16/09/2020


​Tunis - Des fuites de lixiviats du plus grand dépotoir de la Tunisie, Borj Chakir (banlieue de Tunis), survenues à cause des fortes précipitations enregistrées, du 11 au 13 septembre, constituent une "vraie catastrophe", a mis en garde la coordination de la campagne "Fermez la décharge".


Dans une déclaration à la presse, M. Youssef Ayari, membre du conseil municipal de Sidi Hassine Sijoumi et également coordinateur de cette campagne, a précisé que ces lixiviats sont "toxiques et dangereuses" et présente des risques majeurs pour les terres agricoles qui avoisinent la décharge.

Déjà, les bassins de lixiviat situés dans la décharge de Borj Chakir ne sont pas protégés de la pluie, ce qui fait que leur débordement peut, à chaque fois que la pluie tombe, causer une catastrophe pour le sol, la nappe phréatique et la santé humaine, a-t-il expliqué.

En réaction, le département tunisien de l'Environnement a noté, dans un communiqué, que les services de l'Agence nationale de gestion des déchets (Anged) et la société qui exploite la décharge "se sont intervenus immédiatement pour arrêter les fuites d'eau, en renforçant la partie inférieur détériorée, en optant au curage des cours des eaux pluviales et en enlevant les saletés".

A noter que les quantités de pluie enregistrées, ces derniers jours, se sont élevées à 200 mm dans la zone de la décharge contrôlée à la région de Sidi HassinAl-Séjoumi.

Le département de l'Environnement a fait état de l'achèvement des travaux de construction d'un nouveau bassin d'une capacité de 40.000 m3, annonçant qu'il sera exploité, à partir de cette semaine (du 14 au 19 septembre 2020).

-. Le mouvement "Jeunesse pour le climat Tunisie" a appelé le gouvernement tunisien à mettre en place les stratégies nécessaires afin de réhabiliter et développer l'infrastructure afin de faire face aux intempéries de plus en plus fréquentes durant cette saison.

Dans un communiqué, le mouvement a également souligné l'urgence de prendre des décisions sérieuses afin de fournir les moyens de transport nécessaires pour que les élèves et le cadre éducatif puissent se déplacer en toute sûreté, en prévision de la rentrée scolaire.

L'organisation a dénoncé " silence" de l'Etat face aux pertes en vies humaines enregistrées lors des dernières intempéries qui se sont abattues sur plusieurs régions tunisiennes et son "indifférence" quant à la lutte contre les catastrophes.

Cette indifférence entrainera d'autres pertes en vies humaines, prévient la même source, déplorant l'absence d'une réelle volonté politique visant à améliorer l'infrastructure et à mettre en place un plan d'adaptation aux impacts liés aux changements climatiques.

La saison des pluies est devenue en Tunisie une "malédiction", s'insurge encore le mouvement, ajoutant que la principale cause de la vulnérabilité des villes tunisiennes face au risque d'inondation est la fragilité de leurs infrastructures. 

Six personnes dont deux enfants de 4 et 10 ans ont trouvé la mort dans les intempéries ayant frappé plusieurs régions tunisiennes durant les sept derniers jours, selon la protection civile tunisienne.

Ces pluies torrentielles ont touché depuis le 5 septembre, le grand-Tunis et de nombreuses régions du pays. 





Nouveau commentaire :
Twitter

MAfrique | Revue de presse africaine | Mirador