MAP - Publié le Lundi 16 Mars 2020 à 10:50

Bulletin économique du Maghreb du 16/03/2020


Tunis - La majorité des entreprises en Tunisie poursuivent une activité tout à fait normale, révèle un sondage mené parla Chambre tuniso-française de Commerce et d'Industrie (CTFCI) du 10 au 13 mars courant, soulignant l'absence de tout alarmisme excessif ou de panique sur la propagation du Coronavirus.


"La majorité des entreprises poursuivent une activité tout à fait normale, redoutant néanmoins les effets collatéraux qui pourraient découler de la persistance au-delà du mois de mars de cette crise sanitaire sans précédent", souligne le sondage basé sur un échantillon de 60 entreprises (tunisiennes et françaises).

Le sondage a fait ressortir trois grandes tendances. La première concerne la restriction des voyages internationaux dans les deux sens.

Presque 96% de ces entreprises ont procédé au report, l’annulation de missions et de voyages, de participation aux salons professionnels, de réunions professionnelles à l’étranger ou de réception de partenaires, précise le sondage. S’agissant de la question relative à l'impact éventuel du coronavirus sur la suspension ou le ralentissement des approvisionnements des entreprises à l’étranger ou de leurs expéditions sur les marchés extérieurs, les réponses ont été nuancées.

A cet effet, pour 65% des entreprises sondées, opérant essentiellement dans le secteur industriel ou dans le digital, cet impact est encore peu perceptible, sinon insignifiant pour l'heure actuelle.

Ces mêmes entreprises appréhendent plutôt le prolongement de la crise. Dans un tel cas de figure, certaines entreprises invoquent des risques de rupture de stocks (problèmes d’approvisionnement de Chine, de la Corée et même de certains pays européens comme la France ou l’Italie) et redoutent un net ralentissement de leurs chaines de production et une baisse de leur chiffre d’affaires.

En revanche, dans le secteur du tourisme et du transport aérien et maritime, certains effets collatéraux commencent à se faire sentir avec la baisse constatée au niveau des réservations ou des dessertes aériennes et de l’arrêt de certaines lignes maritimes (Italie). 

Pour ce qui concerne l'aspect relatif aux ressources humaines, on ne ressent pas encore de panique, selon le même sondage. En effet, le rythme d'activité dans plus de 95% des entreprises reste normal, avec un taux d'absentéisme très faible.

Certaines entreprises, essentiellement du secteur des services, ont même préconisé un plan B au cas où l’épidémie perdure et passe à un degré supérieur. Ce plan, révèle le sondage, se traduira par le recours au télétravail. Pour le tourisme et le transport aérien, les entreprises commencent à encourager leur personnel à prendre des congés et d'autres n'excluent pas l'éventualité de recourir momentanément à la formule du chômage technique.

-. Un fonds pour la lutte contre l’épidémie coronavirus en Tunisie a été créé pour limiter ses retombées économiques et sociales, à l'échelle nationale, a annoncé le ministère tunisien des Finances.

Dans un communiqué, le ministère a précisé que les ressources de ce fonds seront consacrées au soutien de l’effort de l’Etat pour se prémunir contre la propagation de cette pandémie et limiter ses retombées économiques, sociales et sanitaires.

D’après le ministère des Finances, tous les dons seront entièrement versés dans ce fonds, sans déduction d’impôts, ni de frais des messageries.

-. La balance commerciale alimentaire en Tunisie est excédentaire de 24,4 millions de dinars (1 euro=3,16 tdn) durant les deux premiers mois de 2020, contre un déficit de 91,3 MD durant la même période de l'année 2019, selon les statistiques publiées par le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche. 

Durant cette période, le taux de couverture est passé à 102,6% contre 90,2% durant les deux premiers mois de 2019. Cette amélioration s’explique par une régression de 2,3% de la valeur des importations alimentaires et une augmentation de 16,3% des exportations.

L’augmentation des exportations est due à l’évolution des ventes de l’huile d’olive de 29% en valeur (372 MD contre 289 MD) et de 96% en quantités (64 mille tonnes contre 32,7 mille tonnes), sachant que les prix ont baissé de 34%.

Une hausse a aussi été enregistrée par la valeur des exportations des produits de la mer de 67% et des conserves de poissons de 16%. Les exportations des légumes frais ont aussi évolué de 8%, notamment celles des tomates dont les quantités exportées ont augmenté de 31%.

En revanche, la valeur des exportations d’autres produits alimentaires a baissé durant cette période, notamment celles des agrumes (-9%) en raison de la régression de la récolte, des pâtes alimentaires (-68%), des préparations de fruits et légumes (-9%). 

Il est à noter que la valeur des exportations alimentaires durant les deux premiers mois de 2020 a atteint 12,8% du total des exportations des biens du pays contre 10,9% durant la même période de l’année écoulée. 

Quant à la valeur des importations alimentaires, elle a atteint durant les deux premiers mois de l'année en cours, 953,4 MD se repliant de 2,3% par rapport à 2019, en raison de la baisse de la valeur des importations de certains produits alimentaires de base à l’instar de l’orge (-25%) et du lait et dérivés (-2%), grâce à la régression des prix à l’échelle internationale durant cette période. 

Alger -. Le Forum des chefs d’entreprise en Algérie (FCE) a mis en garde les pouvoirs publics contre la dégradation de l’environnement des affaires et les nombreux freins à l’investissement dans le pays.

Après avoir lancé un appel au gouvernement au sujet d’une nécessaire sauvegarde des entreprises et la promotion de nouvelles activités, l'organisation patronale vient d’élaborer une étude relative à la mise en place urgente d’un "dispositif d’investissement au service de la croissance et du développement".

Le Forum évoque l’échec de tous les dispositifs réglementaires et les mesures prises depuis des années pour encadrer la sphère économique et booster les investissements.

Pour le FCE, "les échecs sont imputables principalement au fait que les dispositifs ne sont pas accompagnés d’une politique de promotion de l’investissement, tirée d’une vision économique, encore absente".

Il a pointé du doigt un cadre juridique qui n’a jamais été et ne sera jamais le déterminant premier de l’investissement.

Pour le Forum, les textes ne peuvent pas, à eux seuls, produire des effets bénéfiques pour l’économie, si rien n’est fait en parallèle pour mettre en place un climat des affaires favorable.

Faisant une rétrospective des solutions préconisées pour encadrer la sphère économique du pays, le FCE souligne qu’en moins de trois décennies, pas moins de "sept cadres juridiques régissant l’investissement ont été adoptés".

L’organisation relève ainsi qu’"entre 1988 et 2016, cinq dispositifs d’investissement et deux réformes lourdes, dont celui ayant précédé le cadre actuel, ont été essayés, puis déclarés insatisfaisants, car ils n’avaient pas produit les effets escomptés en termes de volume d’investissement, de nombre de projet, de transfert de technologie, de création d’emploi ou de croissance et, d’avoir, pour certains, été à l’origine de pratiques négatives".

Le Forum estime que "les leçons tirées de l’expérimentation des sept dispositifs, qui se sont succédé depuis 1988, doivent permettre de corriger les limites et les écueils d’un nouveau cadre".

Pour le FCE, il est absolument vital d’engager, d’ores et déjà, "le programme d’action pour l’investissement destiné au traitement des éléments constitutifs du climat des affaires par une révision profonde de la gouvernance des administrations économiques et de ses rapports avec l’entreprise avec pour objectif un changement du droit administratif pour le faire passer d’un droit de la puissance publique à un droit des relations de l’administration avec ses usagers".





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