MAP - Publié le Mercredi 2 Septembre 2020 à 08:54

Bulletin économique du Maghreb


​Tunis - Environ 44% des entreprises tunisiennes ont repris leurs activités de façon normale depuis le premier jour du déconfinement progressif ( soit le 11 mai 2020), selon une étude de l'Institut Arabe des Chefs d'Entreprises (IACE), réalisée en juin et publié fin août.


Pour 70,4% de ces entreprises, le travail partiel est la méthode de travail la plus utilisée, d'après cette étude menée auprès de 500 entreprises pour suivre de près la reprise des activités des entreprises après le confinement et évaluer les attentes des chefs d'entreprises vis-à-vis du gouvernement.

Cette enquête a fait ressortir une augmentation en moyenne de 5,15% enregistrée par les chefs d’entreprises au niveau de la production et une hausse en moyenne de 4,87% au niveau de la distribution alors que les exportations ont diminué en moyenne de 11,4%.

L’évolution des activités des entreprises après le déconfinement a montré une augmentation en moyenne de 4,2 % enregistrée par les chefs d’entreprises au niveau du chiffre d’affaires et une diminution de 5,2% au niveau de la trésorerie.

S'agissant des problèmes rencontrés après le déconfinement, les chefs d’entreprises enquêtés ont évoqué des problèmes liés à la situation financière (70%) contre 58,22% pour les problèmes liés au capital humain, et ce, quels que soient la taille ou le secteur de l’entreprise.

En outre, 23% des chefs d’entreprises interrogés ont cité d’autres problèmes tels que des difficultés au niveau de l’approvisionnement, des procédures de douanes, de retard de recouvrement et des problèmes de transports.

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-. La priorité absolue du gouvernement à court terme sera de stopper l'hémorragie des finances publiques, a assuré mardi le chef du gouvernement désigné, Hichem Mechichi, dans un discours prononcé, au cours d'une séance plénière de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Lors de cette séance plénière consacrée au vote de confiance de son gouvernement, Mechichi a fait savoir que l'encours de la dette publique atteindra 80 milliards de dinars (1 euro = 3,22 dinars) vers la fin de 2020, ajoutant que l'amélioration de la situation socio-économique et la mise en œuvre des grandes réformes seront en tête des priorités à court à moyen terme.

D'après lui, assurer une bonne gestion des ressources de l'Etat et maîtriser les dépenses publiques, demeurent un enjeu capital aujourd'hui afin de lutter contre cette hémorragie. Et d'ajouter que la Tunisie emprunte chaque année près de 15 milliards de dinars, faisant savoir qu'elle devra rembourser en 2020, à ses créanciers près de 7,5 milliards de dinars.

Pour Méchichi, il est inconcevable que le service de la dette publique, au titre de 2021, atteigne 14 milliards de dinars, soit le double des dépenses liées au développement.

Par ailleurs, il a fait remarquer que la Tunisie fait face actuellement à une baisse de la consommation de 21,5%, en particulier celle des produits alimentaires (- 7,5%), faisant état d'une diminution de l'épargne.

Mechichi a, d'autre part, mis l'accent sur la nécessité de réviser à la hausse le taux d'investissement qui ne dépasse pas actuellement les 13%, soulignant que les tentatives visant à réformer le système d'incitation à l'investissement demeurent infructueuses.

Il a, par ailleurs, indiqué que la baisse de la production des carburants et du phosphate et la paralysie de l'activité extractive ont impacté fortement les équilibres financiers et entraîné la diminution des ressources de l'Etat et la dégradation de la balance commerciale.

Et d'ajouter que la pandémie du Covid-19 a impacté davantage l'activité économique et les moteurs de la croissance et affectera le processus de réforme au titre de la période à venir.





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