AFP - Publié le Mardi 7 Janvier 2020 à 12:22

Libye: la progression des forces de Khalifa Haftar depuis plus de cinq ans


Tripoli - Les forces de l'homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar, qui ont annoncé lundi avoir pris le contrôle de Syrte, ont conquis en cinq ans le nord-est du pays et une grande partie du Sud.


Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à des luttes d'influence et deux autorités se disputent aujourd'hui le pouvoir: le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et soutenu par l'ONU, et un gouvernement et un Parlement dans l'Est libyen, acquis au maréchal Haftar.

Le 16 mai 2014, le général à la retraite Khalifa Haftar, qui avait pris part à la révolte contre le régime de Kadhafi, lance dans l'Est l'opération "Dignité" pour "purger" des "groupes terroristes" la deuxième ville de Libye, Benghazi (est).

Plusieurs officiers de la région orientale, y compris de l'armée de l'air, rallient sa force paramilitaire, autoproclamée "Armée nationale libyenne" (ANL).

Mais l'opération ne remporte pas beaucoup de succès. Et les forces pro-Haftar sont chassées en juillet de Benghazi, qui tombe aux mains de milices islamistes.

Le 15 octobre, les forces de Haftar lancent une nouvelle offensive sur Benghazi.

Le 25 mai 2017, les forces de Haftar, devenu maréchal, prennent le contrôle de la base de Tamenhant (sud), près de Sebha, après en avoir chassé une milice loyale au gouvernement basé à Tripoli.

Le 3 juin, l'ANL prend la base d'al-Joufra, à 500 km au sud de Tripoli, et s'empare des villes de Houn et Soukna, autour de cette base.

Avec cette nouvelle avancée, les forces loyales à Haftar contrôlent désormais les villes et bases militaires importantes du Sud désertique libyen.

Le 5 juillet, le maréchal Haftar annonce "la libération totale" de Benghazi, trois ans après avoir lancé une opération pour reprendre ce bastion de la révolution anti-Kadhafi.

Le maréchal a pu compter sur le soutien de l'Egypte voisine, ainsi que des Emirats arabes unis, avant de se rapprocher de la Russie début 2017.

Le 7 mai 2018, Haftar annonce une opération pour "libérer" Derna, sous la coupe de groupes islamistes et jihadistes depuis la chute de Kadhafi.

Le 28 juin, il annonce la "libération" de cette seule ville de la région orientale qui échappait encore à son contrôle.

A la mi-janvier 2019, l'ANL annonce une opération pour "purger le Sud des groupes terroristes et criminels". Elle prend position autour de Sebha, à 650 km au sud de Tripoli, et obtient le ralliement de tribus locales, s'emparant de la ville sans combats.

En février, elle pénètre dans le champ pétrolier d'al-Charara (sud-ouest), à environ 900 km au sud de Tripoli, puis contrôle les plus importants terminaux pétroliers dans l'Est.

Le 4 avril, Khalifa Haftar ordonne à ses forces d'"avancer" en direction de Tripoli. Le lendemain, les forces de l'ANL sont repoussées après s'être emparées brièvement de l'aéroport international de Tripoli, au sud de la ville.

Le 7, le porte-parole des forces du GNA proclame le début d'une contre-offensive pour "nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs".

Les troupes de Haftar vont faire face à une résistance farouche de plusieurs groupes armés de l'Ouest libyen, dont notamment ceux venus de Misrata, ville située à 200 km à l'est de Tripoli.

Depuis avril, les forces pro-GNA maintiennent leurs positions au sud de la capitale, où se concentrent les combats.

Le 3 janvier 2020, Khalifa Haftar annonce la "mobilisation générale" et le "jihad" contre une éventuelle intervention militaire turque en soutien au GNA.

Les députés turcs ont en effet approuvé une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le GNA.

Le 6, les forces loyales à Haftar annoncent s'être emparées de toute la ville de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, jusque-là sous le contrôle des forces du GNA.
 





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