AFP - Publié le Samedi 22 Août 2020 à 09:32

Libye: précédentes annonces d'entente restées sans suite


Tripoli - Depuis l'accord de Skhirat au Maroc conclu en 2015 sous l'égide de l'ONU, plusieurs initiatives ont été annoncées pour sortir la Libye de la crise mais n'ont pas été suivies dans les faits.


Vendredi, les autorités rivales ont annoncé dans des communiqués séparés l'organisation prochaine d'élections et la cessation des combats dans le pays meurtri par les conflits depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Aujourd'hui deux autorités se disputent le pouvoir: le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et par son président, Aguila Saleh.

Le 17 décembre 2015, après des mois de négociations, des représentants de la société civile et des députés signent à Skhirat, un accord parrainé par l'ONU prévoyant la formation d'un Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli.

Mais le Parlement élu en 2014 et le Congrès national - une assemblée de transition élue en août 2012 - émettent des réserves.

Le 23 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU entérine l'accord, dans l'espoir de contrer la montée du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Libye et d'y juguler l'émigration vers l'Europe.

Le 12 mars 2016, le GNA est proclamé. Son chef Fayez al-Sarraj arrive fin mars à Tripoli, par la mer, en provenance de Tunisie. Dans l'Est, le gouvernement parallèle, soutenu par Khalifa Haftar, et le Parlement élu en 2014 lui restent opposés.

En juillet 2017, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, réunis à la Celle-Saint-Cloud, en région parisienne, se sont engagés à oeuvrer pour sortir le pays du chaos, appelant à un cessez-le-feu et à l'organisation d'élections.

Le 29 mai 2018, Fayez al-Sarraj, Khalifa Haftar ainsi qu'Aguila Salah et le chef du Conseil d'Etat, Khaled al-Mechri, réunis à Paris, se sont aussi engagés à travailler ensemble pour des élections générales, selon une déclaration lue après la conférence.

Des déclarations restées lettres mortes.

En novembre 2018, l'Italie, ancienne puissance coloniale, organise une conférence internationale sur la Libye à Palerme pour tenter un nouveau rapprochement entre MM. Sarraj et Haftar.

Mais la conférence est plombée par les divisions persistantes entre Libyens d'une part et entre pays tiers d'autre part.

Khalifa Haftar, bien que présent à Palerme, boycotte les réunions. Et la Turquie claque la porte de la conférence.

Le 28 février 2019, l'ONU annonce un nouvel accord conclu à Abou Dhabi lors d'une rencontre entre Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar sur l'organisation d'élections en Libye mais sans fixer de calendrier. Pas de suite.

Le 20 mars, la Mission des Nations unies (Manul) annonce une "conférence nationale" mi-avril à Ghadamès (centre de la Libye) appelée à dresser une "feuille de route" pour sortir le pays de la crise.

Le 4 avril, le maréchal Haftar ordonne à ses forces de marcher sur Tripoli, siège du GNA.

En juin 2020 et avec l'implication militaire accrue de l'allié turc, le GNA a réussi à repousser l'offensive des pro-Haftar et contrôle désormais l'ensemble du nord-ouest du pays.

Le 21 août, Fayez al-Sarraj et Aguila Saleh font des annonces surprises dans des communiqués séparés sur la cessation des hostilités et l'organisation prochaine d'élections. Les communiqués ne sont pas identiques. Et reste à savoir si elles seront suivies d'effet.


Tags : Libye



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