MAP - Abdelghani AOUIFIA - Publié le Jeudi 12 Novembre 2020 à 18:00

Quand l’âme de Marrakech plane sur Johannesburg


Rabat - Pini, ce Sud-Africain de confession juive au regard perçant et à la chevelure d’un gris argenté éclatant, s’adonne à cœur joie à raconter son amour pour le Maroc, pays de ses ancêtres, et plus particulièrement pour Marrakech.


C’est à l’intérieur des murailles de l’ancienne médina de la ville ocre que Pini a vu le jour il y a presque 65 ans, avant que ses parents ne décident de partir en Afrique du Sud, où la famille de son père avait développé un business prospère dans le domaine du tourisme et de la promotion immobilière. Croisé un jour dans un luxueux restaurant de la ville de Johannesburg, la Cité d’or du pays arc-en-ciel, Pini explique qu’il n’a jamais oublié ses racines marocaines, même s’il a vécu dans le pays de Nelson Mandela depuis l’âge de 14 ans.

« Les senteurs de Marrakech, la générosité des Marocains et la splendeur de notre culture de vivre ensemble n’ont jamais quitté mon esprit », indique Pini, dont le visage s’égaie à chaque fois qu’il évoque les souvenirs de son enfance dans les ruelles de Marrakech. « Le Maroc ne m’a jamais quitté », aime à affirmer Pini, qui gère une grande entreprise de sécurité dans cette vaste métropole sud-africaine. Marié à une juive d’origine européenne, Pini garde ce lien profond avec le Maroc qu’il s’enorgueillit toujours d’appeler sa mère-patrie. « J’ai tenu à éduquer mes enfants selon les valeurs que nous avions apprises chez-nous, au Maroc », poursuit Pini, dont la famille veille à la célébration des cérémonies religieuses dans la pure tradition marocaine. Il se rappelle des fêtes religieuses célébrées dans la communion entre juifs et musulmans, souvenir d’une belle enfance que Pini garde avec un brin de nostalgie.

Cet esprit de partage fait défaut dans cette Afrique du Sud, où les blessures et les rancœurs d’un passé raciste pénible sont toujours vivaces dans les esprits et surtout dans les comportements, poursuit Pini. Pini partage cet attachement fier au Maroc avec plusieurs de ses cor-religionnaires d’origine marocaine qui ont élu domicile en Afrique du Sud.

L’amour du Maroc et de Marrakech a, en effet, incité un grand promoteur immobilier juif à baptiser du nom de la ville impériale marocaine un luxueux complexe résidentiel qui trône majestueusement dans l’une des artères de Sandton, quartier financier de Johannesburg. « Graver le nom de Marrakech à l’entrée du complexe était un moment de fortes émotions que nous avions fêté en grande pompe pour célébrer notre histoire et notre identité plurielle et, par la même, rendre hommage à nos racines marocaines », se rappelle Pini, qui ne cache pas un rêve qu’il nourrit, dans son exile sud-africain, de finir ses jours là où il a poussé son premier cri… au Maroc. 





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