MAP - Publié le Jeudi 12 Mars 2020 à 11:32

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du 12/03/2020


Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie et les mesures de prévention contre le coronavirus en Mauritanie sont les principales thématiques traitées, jeudi, par la presse maghrébine.


Sous le titre "Qalb Tounès : Les démissionnaires tentent-ils de déjouer un plan -diabolique-?, "Le quotidien" écrit que parmi les raisons officielles évoquées par les députés démissionnaires du bloc de "Qalb Tounès", l'on note "le rejet des positions politiques du parti par rapport au gouvernement et à la présidence de la République". 

Il relève qu'avant que l'un d'eux ne se ravise et retire sa démission, les onze députés ayant adressé leur demande de démission du bloc de "Qalb Tounès" au président du Parlement mardi ont évoqué aux médias un ensemble de raisons en annonçant qu'ils ne voulaient pas continuer à travailler au sein d'un parti où ils ont noté "une absence de gouvernance et de direction".

Le journal ajoute que les démissionnaires ont également manifesté leur insatisfaction quant aux "mécanismes de prise de décision", notant qu'aussitôt que l'information a été relayée par les médias, les interprétations ont fusé de toutes parts, expliquant qu'il ne s'agit que d'un énième exemple du tourisme politique.

"Voilà un autre groupe d'opportunistes sans le moindre principe... Ils vont se faire vendre dans le Mercato pour le bloc le plus payant comme d'habitude", commente-t-il en citant certains observateurs.

Il ajoute que pour certains d'autres, "cette démission collective est un signe de patriotisme" et "un cri de fed-up de la part des démissionnaires patriotes qui refusent justement le suivisme aveugle d'une direction sans la moindre idéologie et sans le moindre principe".

"Cette démission servira de leçon pour Ennahdha qui croit pouvoir exercer impunément sa pression sur d'autres partis politiques. L'avenir démontrera que cette démission collective n'avait pour but que de -déjouer- le -coup d'Etat- soft qui se préparait entre Ennahdha et Qalb Tounès", fait-t-il observer. 

Selon lui, les démissionnaires adressent un message clair au parti islamiste en lui disant qu'Ennahdha n'a pas et n'aura désormais plus les rênes de la direction des choses politiques.

Pour "La Presse de Tunisie", qui titre "Qalb Tounès sous pression", alors que le pays est secoué par l'épidémie de coronavirus, onze députés de Qalb Tounès ont présenté leur démission du groupe parlementaire du parti auprès de la présidence de l'Assemblée des représentants du peuple.

Le journal relève qu'il s'agit d'une démission sur fond d'intensité rarement atteinte, mais qui ne manque pas de rappeler un certain lundi 9 novembre 2015 quand 32 députés du parti au pouvoir en ce temps là, "Nida Tounès", avaient démissionné pour protester contre la mainmise du fils du président Béji Caïd Essebsi sur le parti. Il rappelle que depuis, une grave crise interne s'est emparée du parti allant jusqu'à le reléguer aux derniers rangs au niveau de la représentation à l'ARP.

Il estime qu'il semble même que les démissionnaires au sein de "Qalb Tounès" n'aient même pas pris le temps de la réflexion.

"Ne se retrouvent-ils pas dans la ligne et la méthode du parti ? Qalb Tounès, qui a connu une ascension éclair, serait-il aujourd'hui en proie aux dissensions après avoir obtenu 38 sièges au Parlement lors des dernières élections législatives ?", La démission de 11 députés, ayant ainsi sauté du train en marche, mais qui jette aussi un nouveau discrédit sur le Parlement, sera-t-elle pleine et entière ?, se demande-t-il.

Il relève que quand on parle du discrédit parlementaire et qu'on évoque les démissions sous l'hémicycle, l'on pense automatiquement à la transhumance parlementaire qui a souvent conditionné l'équilibre des forces en présence.

De son côté, "Le temps" souligne dans sa chronique intitulée "En cascade...", estime que l'inconstance, ou le fameux "tourisme partisan", selon la formule, désormais consacrée, ne sont pas l'apanage du parti de Nabil Karoui, lequel avait affiché une belle vitalité -certes contrariée-, au départ, avant d'amorcer sa pente sèche et de commencer à perdre des couleurs, à partir du moment où le vent a tourné dans une direction aux antipodes, dérangeant ainsi tous ses plans préétablis et l'obligeant désormais, surtout avec la cascade de démissions de ses membres les plus affirmés, à revoir sa copie.

Il souligne qu'on ne peut pas comparer "Qalb Tounès" à "Nidaa Tounès", parce que leur historique n'est pas la même, leur ADN non plus, à quelques similitudes près, notant que le temps qui passe n'est pas toujours le meilleur des alliés.





Nouveau commentaire :
Twitter

MAfrique | Revue de presse africaine | Mirador