MAP - Publié le Mardi 21 Janvier 2020 à 11:44

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du 21/01/2020


Tunis - La désignation d'Elyès Fakhfakh pour la formation du nouveau gouvernement tunisien et la hausse des prix des matières de première nécessité en Mauritanie sont les principales thématiques traitées, mardi, par la presse maghrébine.


"Le Temps" écrit que le choix du président Kaïs Saïed s'est fixé, définitivement, lundi soir, sur Elyès Fakhfakh pour constituer le nouveau gouvernement, dans une deuxième tentative, après l'échec d'Habib Jemli qui n'a pas pu obtenir une majorité lors du vote de confiance à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Dans une analyse intitulée "Nouveau chef du gouvernement désigné: Elyés Fakhfakh émerge du lot", le quotidien note que l'information est tombée, hier soir, après une nouvelle rencontre au cours de laquelle le président tunisien a chargé cette personnalité désignée pour choisir ses ministres, dans un délai d'un mois.

"Cette tentative est la dernière et en cas d'échec, le pays sera condamné à de nouvelles élections législatives", fait-t-il savoir, rappelant que depuis samedi soir, le choix du président tunisien semble s'être limité à trois personnalités qui sont Fadhel Abdelkéfi, Hakim Ben Hammouda et Elyés Fakhfakh et, depuis, il a tenu en haleine tout le monde. 

"Pourtant, il savait que le peuple attend, impatiemment la nomination, surtout qu'il y a urgence pour achever le processus. Les indices sont multiples et le plus expressif est constitué par les rencontres qu'a eues Kaïs Saïed avec les trois favoris, chacun à part", fait-il observer. 

Elyès Fakhfakh, né en 1972, occupait le poste de ministre du Tourisme après les élections à l'Assemblée nationale constituante, avant d'être nommé en décembre 2012 ministre des Finances, rappelle-t-on.

Fakhfakh fait partie des noms proposés pour diriger le prochain gouvernement, selon la publication, qui estime qu'un nouveau marathon va commencer, à partir d'aujourd'hui, et l'espoir est que les choix soient judicieux, afin d'éviter le pire au pays. 

Déjà, chaque partie a commencé à présenter sa vision, sur la composition du potentiel futur gouvernement, mais, les politiciens doivent faire preuve de maturité et concilier leurs points-de-vue, afin de donner un meilleur visage à la jeune démocratie tunisienne, souligne-t-elle.

Pour sa part, l'éditorialiste de "La Presse de Tunisie", qui titre "Pour une mobilisation citoyenne", estime qu'au-delà des critères sur lesquels s'est fondé le chef de l'Etat pour désigner l'heureux élu, au-delà également de ce que le nouveau chef du gouvernement désigné va promettre au peuple tunisien et au-delà, enfin, des réactions dont les acteurs du paysage politique et civil feront montre au moment où ils seront invités à négocier la composition de la future équipe ministérielle, la discussion du programme gouvernemental qui leur sera soumis dans les prochains jours et sur la base duquel les députés accorderont leur confiance au futur gouvernement ou le feront tomber comme ce fut le cas pour le gouvernement Jemli, l'essentiel, maintenant, est que les Tunisiens, principalement les acteurs de la classe politique, toutes appartenances et sensibilités confondues, comprennent que leur pays ne peut plus attendre qu'ils règlent leurs différends politiques.

Ils doivent comprendre aussi que le pays ne peut plus attendre qu'ils récoltent des dividendes en prévision des échéances à venir ou qu'ils s'alignent pour que les ambitions ou les objectifs de leurs partis se concrétisent, insiste-t-il.

Le journal souligne qu'il est temps, aujourd'hui, pour que s'installe une mobilisation générale et pour que s'instaure une veille commune auxquelles contribueront toutes les forces patriotiques convaincues effectivement que l'intérêt supérieur de la nation doit être placé au-dessus de toutes les considérations partisanes et de toutes les ambitions personnelles.

Il précise que le salut du pays est tributaire d'une prise de conscience citoyenne aussi large que possible balisant la voie à un sursaut national propre à éradiquer les menaces de division et de sédition brandies malheureusement par certaines parties. 

"Réalités" revient sur les déclarations de Walid Jallad, dirigeant du mouvement "Tahya Tounes" dans lesquelles il souligne que son parti va s'employer à assurer au chef du gouvernement désigné toutes les conditions de réussite.

Dans ce sens, il a rappelé que "Tahya Tounes avait dès le départ déclaré qu’il allait aider à faire réussir la proposition du président de la république à partir de la conviction que le pays ne peut plus supporter aucun retard, ou nouveau report".

Le nouveau chef du gouvernement chargé par le président de la République était dès le début dans le peloton de tête des personnalités ayant le plus de chance d’être choisies par Kaïs Saïed, puisqu’ils étaient soutenus par le plus grand nombre de partis politiques, donc, ils ont le plus de chance de passer au vote de confiance à l’ARP, commente de son côté "TunisieNumérique".

Il note que finalement et en toute logique, Kaïs Saïed a choisi de s’aligner sur le choix des partis et des représentants du peuple, fidèle à sa devise "le peuple veut", et il a désigné une des personnalités qui lui ont été proposées.

Il souligne toutefois que le choix n’était pas facile, car, bien que soutenu par de nombreux partis, Elyes Fakhfakh est loin de faire l’unanimité auprès de la classe politique.

A première vue, il pourra compter sur le soutien de Tahya Tounes, du courant démocratique, du mouvement du peuple, et de la moitié d’Ennahdha, ce qui est en principe suffisant pour qu’il puisse passer outre ceux qui sont contre sa nomination, à savoir, essentiellement, "Qalb Tounes" et la moitié d’Ennahdha, fait-il savoir.

En Mauritanie, les journaux évoquent ce qu'ils ont décrit comme «la crise de la taxation des marchandises», qui a entraîné une hausse des prix pour un certain nombre de produits de première nécessité.

Les marchés mauritaniens connaissent une crise consécutive aux prix élevés des matières importées, relèvent-ils, soulignant que le gouvernement s'apprêt à prendre des mesures à ce sujet.

Dans ce contexte, l'Union des commerçants mauritaniens a soumis, il y a quelques jours, une proposition pour résoudre cette crise consistant en l’application de l'ancienne méthode des douanes à toutes les marchandises qui sont arrivées au port de Nouakchott avant le 1er janvier et y sont toujours saisies.

La même source soutient que l’Union a également proposé d'initier un mécanisme pour réduire les taxes douanières ou modifier l'accord avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.

Selon la presse, l'Union des commerçants n'a pas encore reçu de réponse de la commission gouvernementale en charge du contrôle des prix, rappelant que les commerçants refusent, depuis 20 jours, de faire entrer certaines marchandises via le port de Nouakchott pour protester contre l'augmentation des prix des douanes avec le début de la mise en place du nouveau système douanier. .

Citant des commerçants, les journaux indiquent que les douanes ont commencé à mettre en œuvre un nouveau système qui repose sur les factures émises par la société exportatrice des marchandises vers la Mauritanie, comme ils ont également aboli le système des tarifs douaniers, ce qui a conduit à la hausse des prix pour de nombreux produits de base (huile de cuisson, sucre, riz, blé…).

Ces développements découlent de l’interruption du trafic de conteneurs depuis le port de Nouakchott, en raison du rejet par les commerçants de dédouaner leurs marchandises avec les nouveaux prix, alors que les douanes indiquent clairement qu'elles n'ont fait qu’appliquer les lois contenues dans la Loi de finances pour l'année 2020 et approuvées par le Parlement, explique-t-on.

La même source ajoute que la crise des marchandises stockées dans le port était due à l'entrée en vigueur d'un accord entre la Mauritanie et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, révélant que le Premier ministre Ismail Ould Cheikh Sidia et plusieurs ministres ont rencontré des commerçants, durant le week-end dernier, pour s’enquérir de la situation des marchandises sur le marché.





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