AFP - Publié le Mercredi 16 Septembre 2020 à 12:38

Une banderole déployée à Paris en soutien au journaliste Khaled Drareni


​Paris - Une cinquantaine de défenseurs de la liberté de la presse et représentants de la diaspora algérienne ont déployé une banderole mardi soir à Paris sur le fronton d'une mairie de quartier, en soutien au journaliste Khaled Drareni, condamné en appel à deux ans de prison ferme à Alger.


"Cette décision est terrible. En plaçant Khaled en détention, le pouvoir algérien s'est enfermé lui-même dans une logique de répression", a déclaré à la presse Christophe Deloire, secrétaire général de l'organisation Reporters Sans Frontières.

Saluant la présence dans la foule de Pierre Audin, le fils de Maurice Audin, militant communiste anti-colonial disparu en 1957 pendant la Bataille d'Alger, il a jugé que cette condamnation était "en infraction avec la législation algérienne, internationale, et avec les idéaux de l'indépendance algérienne, conquise de haute lutte".

Le patron de RSF a participé à la mise en place de la banderole "Free Khaled", aux côtés d'Ariel Weil, maire de Paris-Centre, de l'adjoint de la maire de Paris pour les relations internationales, Arnaud Ngatcha, et du directeur général de TV5Monde, Yves Bigot, chaîne à laquelle collaborait M. Drareni avant son arrestation en mars.

"TV5 Monde regrette cette décision et demande la libération immédiate" de Khaled Drareni, "arrêté pour avoir fait son métier", a déclaré M. Bigot, en disant vouloir "faire savoir (au journaliste) qui est très affaibli qu'il n'est pas tout seul".

"A bas la répression, liberté d'expression", ont scandé les participants à la manifestation. Beaucoup portaient des photos ou pancartes disant: "we are Khaled" ou "Libérez la justice de la dictature militaire".

Des membres de la diaspora en ont profité pour réclamer la libération de tous les détenus politiques en Algérie, une cinquantaine, selon les défenseurs des droits de l'homme.

Le Collectif Debout l'Algérie a souligné qu'il y avait "d'autres journalistes et détenus du +Hirak+ (mouvement populaire de contestation du pouvoir algérien, ndlr) en prison".

Faiza Menai, membre de ce Collectif, a appelé le président français Emmanuel Macron, à "réagir". Dans le cas contraire, "qu'il ne compte pas sur notre voix, ni les autres élus qui ferment les yeux sur la cause algérienne", a-t-elle dit à l'AFP.





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